Finalement, sortis de Cannibal Holocaust et, dans une moindre mesure, Cannibal Ferox, les films avec des tribus d'anthropophages sont assez mauvais. (Nous n'incluons pas dans cette liste, Vorace, chef-d'oeuvre absolu qui ne rentre pas dans le moule "film de jungle avec des gens qui se font bouffer").

Mondo Cannibale - titre original - est un film de Jesus Franco. En soit, c'est déjà tout un programme.

La White Goddess ne mange pas assez

Au cours d'une expédition, Jeremy Taylor se fait capturer par des cannibales pendant que sa femme sert d'apéritif aux affamés indigènes. Il va réussir à s'échapper après avoir assisté à l'ingestion d'une partie de son bras gauche. Pendant ce temps, sa fille Lana est retrouvée par le chef de la tribu ; blanche et blonde, elle sera élevée par ce dernier sous le titre généreux de Bolo bolo, bala bala White Goddess - la langue des cannibales étant un habile mélange de labiales et d'anglais.

Des années plus tard, le professeur Taylor organise une expédition avec une bande de bras cassés pour retrouver Lana. Bientôt les aventuriers de l'impossible (certaines scènes sont tournées dans un jardin exotique dans lequel ont été enlevés les panneaux, mais pas les poteaux qui les soutenaient...) vont être confrontés à l'ignoble.

Outre les zooms incessants de l'ami Jess, on assiste comme dans tout film de cannibale à d'horribles festins pendant lesquels des figurants grimés à la gouache mâchent à pleine dents de la bidoche variée, à défaut d'avariée, enfin on espère. Ici, dans un souci d'esthétique probablement auteurisant, les repas sont filmés au ralenti, ils sont flous, cadrés par un myope et d'une longueur, comment dire, d'une longueur certaine. En résumé, c'est chiant.

Trois femmes seront les victimes de tels festins, de quoi rajouter facilement 15 minutes à la pellicule. D'autres acteurs seront mangés hors champ, ou juste tués à coup de flèches. D'ailleurs on ne comprend que très peu les motivations des cannibales : des fois ils boulottent de l'humain vivant, d'autres fois ils les abattent avec leurs arcs et laissent pourrir la dépouille, ou encore, ils ligotent les étrangers dans leur village. Les aventuriers, eux, sont tellement crétins qu'on est heureux de les voir mourir. Et comme ça les cannibales vont pouvoir leur piquer leurs baskets (on en voit une belle paire à la fin du film).

Lina Romay, là à droite...

Notons enfin le professionnalisme de Lina Romay qui a pris au moins 10 kilos pour interpréter son rôle. Elle offre ainsi un bien moelleux menu aux horribles anthropophages. Crunch !

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